Dans une charte de la fin du XIe siècle, le village est cité sous le nom de Marmereio et dans une autre de 1123 sous le nom de Marmerivilla. C'est seulement en 1226 que l'on distingue l'appellation actuelle avec « Villare-Marmore » le nom de « Villers-Marmery » apparaissant en 1346 dans un document de l'abbaye de Saint-Basle.
A ce moment-là, par suite de manque d'eau, Marmery décline au profit de Villers à tel point qu'incendié au milieu du XVIIe siècle, il ne fut même pas reconstruit.
Au siècle dernier, deux écarts ont disparu : le moulin des Epinettes, à carcasse de bois de Châtaignier, cessa de fonctionner en 1914 et disparut en 1922 ; incendié en 1883, la ferme des Hussons, érigée au lieu-dit « Les Essaires » ne fut pas reconstruit.
Le seigneur des lieux était l'abbé de Saint-Basle de Verzy auquel la forêt appartenait. De toutes les dîmes qui se percevaient sur le territoire, il en appartenait les trois quarts à l'abbé et un quart au curé. Afin de s'assurer plus certainement la dîme du vin, l'abbé de Saint-Basle avait fait construire cinq pressoirs sous un vaste hangar.
En 1814, les Russes venant de Reims, ravagèrent le village et massacrèrent une partie des valeureux habitants qui s'étaient armés pour le défendre.
Les traits physiques
D'une superficie de près de 1.100 ha, le territoire de la commune se divise en trois parties : la plaine, la côte plantée de vignes, et le plateau boisé.
Bien réparties tout au long de l'année, les pluies sont plus abondantes que dans la vallée de la Vesle alors que les brouillards y sont beaucoup plus fréquents. On ne trouve aucune eau de surface car les pluies s'infiltrent et chemine sous terre.
Les bas-fonds présentent de rares résurgences hivernales aux lieux-dits « Navennes », « Brunette » ainsi qu'au flanc de l'escarpement forestier, à « Brocot » par la présence de courants proches dont les deux principaux sont la « Pleureuse » et le « Creusin ». D'un débit très variable, ils alimentèrent le village en eau. Leur tarissement a imposé, dès 1949, l'établissement d'une adduction d'eau potable par pompage en plaine et refoulement vers les bassins.
La vie humaine
L'agriculture a presque disparu au bénéfice de la viticulture.
Au Moyen Age, on produit des vins rouges d'aussi bonne qualité que ceux de la Bourgogne et c'est l'apparition des vins mousseux qui évincent les vins rouges. Au début du XVIIIe siècle, l'extension du vignoble au détriment des terres céréalières inquiète les autorités qui, en 1729, interdisent les nouvelles plantations.
L'intendant de Champagne Rouillé d'Orfeuil assouplit cette mesure et c'est à cette période qu'aux anciens plants succède le Chardonnay, cépage de haute qualité. Ainsi, Vilers-Marmery devient-il le seul véritable cru de blancs de la Grande Montagne de Reims. Les divers travaux de la vigne, taille, palissage… sont conduits avec méthode et conscience. Les vins du terroir ont des qualités appréciées : finesse, fruité, acidité naturelle stable et sont très recherchées pour alléger les cuvées de noir et obtenir une bonne prise de mousse.
La population et l'habitat
Ayant connu un maximum de 847 habitants au milieu du XIXe siècle, la population n'a cessé de décroître jusqu'en 1962 avec 517 habitants, nombre qui s'est accru depuis. La partie la plus ancienne du village, dans la partie haute, comporte des vestiges des XVII et XVIIIe siècles.
La partie basse est relativement récente. Comme dans beaucoup de villages du vignoble, les rues sont étroites et sinueuses. Les matériaux locaux ont été largement utilisé pour l'habitat : meulière, silex, burge, sable, tuile et brique de la région.
Mais derrière des façades vieillottes, on trouve des intérieurs confortables et modernes.
Ainsi, Villers-Marmery bien intégré à l'économie moderne, a bénéficié de la prospérité du vignoble. |